Dictée vocale psychologue : quoi dicter, avec quel outil, sans trahir le secret ?
Une note de séance se dit plus vite qu'elle ne se tape. Mais le secret couvre tout ce que tu apprends en consultation, et la question « où part ma voix ? » compte autant que le temps gagné. Ce que disent l'article 226-13 du Code pénal, le code de déontologie de 2021 et la CNIL, puis quel outil garder pour quel texte.
Une note après une séance, un compte rendu de bilan, un courrier au médecin traitant : ces textes se disent plus vite qu'ils ne se tapent. Sauf que ton secret couvre tout ce que tu apprends en consultation, et la question « où part ma voix ? » compte autant que le temps gagné. On regarde ce que disent les textes, puis on trie les outils selon ce que tu dictes.
Pages relues le 13/10/2026 : article 226-13 du Code pénal, code de déontologie des psychologues de 2021, CNIL, RGPD et professionnels de santé libéraux, CNIL, qu'est-ce qu'une donnée de santé et assistance Apple. Cet article donne des repères, pas un conseil juridique : pour ta pratique, vois avec ton DPO ou tes organisations professionnelles.
Ce que disent le Code pénal, le code de déontologie et la CNIL
Le point de départ est l'article 226-13 du Code pénal, en vigueur dans sa forme actuelle depuis 2002. Révéler une information à caractère secret quand on en est dépositaire par état, par profession, par fonction ou par mission temporaire est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
Le code de déontologie des psychologues, lui, a été signé le 5 juin 2021 par 21 organisations réunies dans le CERéDéPsy, version consolidée le 9 septembre 2021. C'est le plus récent des codes présentés sur le site qui le publie. Son principe 2 pose l'obligation de discrétion : le psychologue « s'astreint au secret professionnel et à la confidentialité ». L'article 7 précise l'étendue : le secret couvre tout ce dont tu as connaissance dans l'exercice de ta profession. L'article 6 demande de protéger contre toute indiscrétion l'ensemble des données concernant tes interventions, et l'article 8 limite ce que tu partages avec d'autres professionnels au strictement nécessaire.
Trois articles touchent l'écrit. L'article 18 : tes documents sont datés, portent ton identité, et tu es seul à pouvoir les signer, les modifier ou les annuler ; tu fais aussi respecter la confidentialité de ton courrier, postal ou électronique. L'article 23 : tu recueilles, traites, classes et archives tes notes personnelles et les données de ton activité. L'article 24, écrit pour la téléconsultation, demande de veiller à la sécurité des échanges numériques. Une dictée en ligne en est un.
Côté CNIL, deux pages comptent. La première rappelle qu'une donnée de santé concerne la santé physique « ou mentale », passée, présente ou future. Une note de séance entre dans ce cadre. La seconde, écrite pour les professionnels de santé libéraux, dit que le RGPD s'applique à tous les traitements, papier ou ordinateur : limiter l'accès aux données des patients, mot de passe personnel et chiffrement sur Internet, vérifier le niveau de sécurité d'un prestataire avant de lui confier des données, avec un contrat, conserver pour une durée déterminée, informer les patients, tenir un registre. Plus aucune formalité auprès de la CNIL pour la gestion de l'activité. La page ne nomme pas les psychologues (ses exemples sont médecins, infirmiers, orthophonistes), mais ses règles portent sur les données de santé, pas sur un métier.
La règle simple : un outil par type de texte
Trie avant de choisir l'outil.
| Ce que tu dictes | Exemples | Outil à privilégier |
|---|---|---|
| Texte sur un patient | Note de séance, compte rendu de bilan, courrier au médecin | Un outil dont tu connais le chemin de la voix et le contrat, ou une dictée qui reste sur ton Mac |
| Texte sans nom mais reconnaissable | Cas pour une supervision, question à un confrère | Même prudence : sans le nom, une histoire détaillée reste identifiable |
| Texte sans rien d'un patient | Mail à la comptable, créneaux, notes de formation | N'importe quel outil de dictée |
Repères tirés du code de déontologie de 2021 et des pages de la CNIL relus le 13/10/2026. Ils ne remplacent pas l'avis de ton DPO. Sur téléphone, fais glisser le tableau si besoin.
Dicter une note de séance sans trahir le secret
Quel que soit l'outil, trois habitudes limitent ce qui sort de ton cabinet.
- Ne dis pas le nom. Dicte avec une initiale ou un code que toi seul relies à la personne, dans ton dossier. Le nom, l'adresse, la date de naissance, l'employeur ou l'école se tapent au clavier, après.
- Dicte ce qui te sert, pas tout. Moins de détails dans la voix, moins de choses à protéger ensuite. Les verbatims sensibles et les tiers nommés par le patient se notent à la main.
- Relis avant de ranger. Une dictée confond les noms propres et saute parfois une négation, ce qui change le sens d'une note clinique. Relis les prénoms, les âges, les dates, puis date et signe le document, comme le demande l'article 18.
Et dicte porte fermée.
Solution 1 : la dictée de macOS
Elle est déjà sur ton Mac et marche partout où tu peux taper, y compris dans ton logiciel de gestion.
- Ouvre le menu Apple, Réglages Système, puis Clavier, et active Dictée. Si le Mac te propose « Améliorer Siri et Dictée », tu peux cliquer sur « Plus tard ».
- Lis la phrase sous Dictée. Apple y écrit si tes saisies vocales d'ordre général sont traitées sur ton appareil, sans envoi aux serveurs Siri, sauf dans une zone de recherche.
- Choisis ton micro dans « Source du microphone », puis place le curseur, appuie sur la touche Micro ou ton raccourci, et parle. « Nouvelle ligne » donne un retour à la ligne, inséré à la fin de la dictée.
Selon la page confidentialité d'Apple, quand la dictée n'est pas traitée sur l'appareil, ce que tu dictes est envoyé au serveur, sans y être conservé, sauf si tu as accepté « Améliorer Siri et Dictée ». Pour une note de séance, la phrase sous Dictée est donc ta première vérification. Même traitée sur ton Mac, la dictée ne règle qu'une partie du sujet : le texte atterrit dans l'app où se trouve ton curseur, et c'est elle qui le garde. La dictée s'arrête après 30 secondes sans parole. Les premiers pas sont dans comment dicter un texte sur Mac.
Solution 2 : l'outil de ton logiciel ou de ta structure
Si ton logiciel de gestion ou ton établissement propose une dictée, demande à l'éditeur, avant de t'en servir pour un patient : où part ma voix, qui la transcrit, dans quel pays, sert-elle à entraîner un modèle, et avons-nous un contrat qui couvre cette fonction, comme la CNIL le demande pour tout prestataire ? S'il reste vague, garde sa dictée pour les mails.
Et avec VoiceMochi ?
On fait VoiceMochi, et on préfère te dire ce que le code fait vraiment ; à toi de juger. VoiceMochi n'a aucune fonction clinique et ne te garantit rien sur le plan réglementaire.
Le geste. Tu maintiens fn ou Option droite (deux raccourcis au plus), tu parles, tu relâches : le texte est collé au curseur par Cmd V, dans toute app où tu peux taper, jamais suivi d'Entrée. Deux appuis rapides lancent la dictée mains libres, un nouvel appui la termine. Sans champ de texte actif, la dictée va dans le Carnet de l'app et elle est copiée.
Où part ta voix, par défaut. Vers notre relais, hébergé chez Supabase, qui vérifie ta licence puis la transmet sans l'enregistrer. Elle est transcrite par Groq ou, si Groq ne répond pas, par Deep Infra, deux prestataires situés aux États-Unis, d'après notre politique de confidentialité. Le texte repasse ensuite par le même chemin pour la remise au propre, activée au départ, puis revient sur ton Mac. Les mots que tu ajoutes dans le Dictionnaire partent avec chaque dictée : n'y mets pas de nom de patient. Pour une note de séance, ce réglage par défaut revient à envoyer ta voix à un prestataire hors de l'Union, sans contrat entre toi et lui.
L'option « Transcription sur ton Mac ». Coupée au départ. Sur un Mac à puce Apple seulement (sur un Mac Intel, l'app affiche « Indisponible sur ce Mac »), elle télécharge une fois un modèle d'environ 650 Mo. Une fois active et prête, le code n'envoie plus la voix en ligne, même si la transcription locale échoue. L'app l'écrit dans ses réglages : « Active : ta voix ne quitte jamais ton Mac. Seul le texte part en ligne, pour la remise au propre et la traduction ». Tant que le modèle se télécharge, la voix part encore en ligne, et l'app le dit.
Ce qui part encore en ligne. La remise au propre (les « euh », la ponctuation) et les consignes sur un texte sélectionné (« fais plus court ») envoient le texte à notre relais. Si tu veux que rien ne parte pour une note de séance, coupe « Remise au propre » en plus d'activer la transcription locale : le texte brut est alors collé tel quel, hésitations comprises. Le détail est dans dictée sur Mac hors ligne.
Ce qui reste sur ton Mac. L'historique garde chaque dictée, texte et audio, 24 heures, puis l'efface, sauf les notes du Carnet. L'app n'importe aucun fichier audio et ne choisit pas le micro : c'est celui réglé dans macOS. Elle tourne sur macOS 13 ou plus récent, demande un compte Mochi et l'autorisation Accessibilité.
Où VoiceMochi aide sans question, c'est sur le reste : les mails à la comptable, les créneaux, les notes d'une formation. VoiceMochi est en bêta ouverte, téléchargeable sur voicemochi.com, et tout est présenté sur l'accueil. Les mêmes questions se posent pour un médecin ou un avocat.
En résumé
Trie avant de dicter. Ce qui touche à un patient passe par un outil dont tu connais le chemin de la voix et le contrat, ou par une dictée qui reste sur ton Mac, réglages vérifiés : la phrase sous Dictée chez Apple, l'option locale plus la remise au propre coupée chez nous. Dicte avec des initiales, relis les négations et les chiffres, date et signe. Ton DPO, la CNIL et tes organisations professionnelles restent les bons interlocuteurs.
Questions fréquentes
Un psychologue peut-il dicter ses notes de séance avec n'importe quelle app ?
Pas tant qu'il ne sait pas où part sa voix. Le code de déontologie de 2021 dit que le secret couvre tout ce dont tu as connaissance dans l'exercice de ta profession, et la CNIL demande de vérifier le niveau de sécurité de chaque prestataire, avec un contrat. Pour un mail sans rien d'un patient, l'outil importe beaucoup moins.
Si je ne dis pas le nom du patient, est-ce que je peux dicter n'importe où ?
Ça réduit le risque, ça ne le supprime pas. La CNIL retient une définition large des données de santé, santé mentale comprise, et une situation racontée en détail peut suffire à reconnaître quelqu'un. Dicte avec des initiales et relis avant de ranger.
La dictée de macOS envoie-t-elle ma voix à Apple ?
Ça dépend de ton Mac et de ta langue. Apple l'écrit dans Réglages Système, Clavier, Dictée : si la phrase dit que les saisies sont traitées sur l'appareil, elles ne partent pas vers ses serveurs, sauf dans une zone de recherche. Sinon, ce que tu dictes est envoyé au serveur, sans y être conservé, sauf accord pour « Améliorer Siri et Dictée ».
VoiceMochi convient-il pour une note de séance ?
Par défaut, non : ta voix passe par notre relais puis par des prestataires de transcription aux États-Unis, et le texte y repasse pour la remise au propre. Avec « Transcription sur ton Mac » active et prête, et la remise au propre coupée, le code n'envoie rien en ligne. VoiceMochi ne te garantit rien : c'est à toi de juger, avec ton DPO si tu en as un.
À qui poser mes questions ?
Au DPO de ta structure s'il y en a un, à l'éditeur de chaque outil pour savoir où vont tes données, et aux organisations signataires du code. La CNIL publie ses fiches sur la santé. Cet article donne des repères, pas un avis juridique.